A propos de rythmes …

La FCPE 67 considère que :

– En instituant la semaine de quatre jours dans le premier degré, le précédant gouvernement a porté atteinte à la scolarité d’une génération d’élèves dans le premier degré en réduisant la semaine scolaire de deux heures sans compensation. Pour supprimer des postes d’enseignants, il a institué en dogme la formule « apprendre plus en moins de temps ».

– Ces dernières décennies, alors que le temps scolaire se réduisait, nous avons assisté à une multiplication et à une densification  des matières enseignées sans véritablement se préoccuper des conséquences sur les capacités et les compétences des élèves à pouvoir appréhender efficacement cette quantité d’information.

– L’actuel ministre de l’Éducation nationale a réussi, par son absence de concertation, à diviser le pays tout entier sur une réforme qui aurait dû faire consensus. 

-La FCPE 67 bien que critique sur cette réforme et sa mise en application, qui génère un certain nombre d’inégalités territoriales et des surcoûts pour les familles inacceptables, affirme qu’elle s’opposera à toute récupération politicienne du débat et à un retour à la semaine de 4 jours.

-Pour la FCPE 67, il aurait été préférable d’engager la réforme des programmes scolaires en amont de celle des rythmes scolaires. Il faut de toute urgence que soit trouvé un juste équilibre entre ce que l’on veut enseigner et ce que l’on peut enseigner aux élèves durant le temps scolaire.

Seule une véritable consultation de toutes les parties concernées, collectivités locales, enseignants, parents d’élèves et acteurs associatifs, permettra la remise à plat des difficultés rencontrées à l’occasion de la mise en place de cette réforme dans chaque école.

L’intérêt de l’enfant doit prévaloir contre toute autre considération, partisane ou budgétaire.

Il  ne faut en aucun cas que les collectivités empiètent sur les contenus scolaires. Laissons aux enseignants le soin d’instruire nos enfants et confions aux collectivités le soin de s’en occuper pendant que les parents travaillent !

La FCPE 67 propose :

1ère proposition : L’état doit, sur l’ensemble du territoire national, être le maître d’œuvre de la réforme et assurer la coordination de sa mise en œuvre.

La loi du 8 juillet 2013 prévoit que ce sont les communes, collectivités en charge de la gestion des écoles maternelles et des écoles primaires, qui ont la charge d’appliquer la réforme.

►La  FCPE 67 considère que l’état ne peut se défausser sur les collectivités locales. Une modification de la loi s’impose afin de confier cette responsabilité au ministère de l’Éducation nationale.

2ème proposition : Le conseil d’école, est l’instance décisionnaire en matière d’aménagements de la réforme.

Le Conseil d’école est l’instance de base qui, dans toutes les écoles, réunit tous les acteurs éducatifs. Aussi, c’est en ce lieu que doivent être discutés et validés tous les aménagements relatifs à la réforme, en lien avec le projet éducatif local. Le DASEN doit en garantir la cohérence territoriale.

3ème proposition : Classe le samedi matin avec possibilité de dérogation pour le mercredi matin en cas de vote du conseil d’école.

La semaine scolaire de 24 heures d’enseignement a entériné la fin de la semaine de quatre jours. Mais sa structuration en  9 demi-journées ne permet aucune innovation sur des journées éducatives dans lesquelles l’articulation des temps éducatifs scolaires et non scolaires prend tout son sens et permet d’ouvrir l’école sur la ville.

Le principe de base de la réforme : « classe le mercredi matin avec possibilité de dérogation pour remplacer le mercredi par le samedi matin dans le cas d’un projet éducatif territorial » n’est pas pertinent. En effet, après l’audition des différents spécialistes du rythme de l’enfant, le rapport de la mission parlementaire daté du 8 décembre 2010 conclu que « le week-end libéré de deux jours à des effets perturbateurs sur l’adaptation des enfants à la situation scolaire le lundi matin. En effet, ceux-ci se couchant souvent plus tard le vendredi, le samedi et le dimanche soir, rompant ainsi la régularité de leur rythme de veille et de sommeil, arrivent, en début de semaine, fatigués à l’école… ».

Il est admis par tous, que le contact avec l’école est largement facilité quand il y a classe le samedi matin. Ceci est encore plus vrai dans le cas de parents qui travaillent toute la semaine.

Le samedi matin facilite également les prises de contacts entre parents et enseignants.

Les consultations dans les hôpitaux de jour ont généralement lieu les jours de semaine et non le week-end. L’école le mercredi, contraint les enfants qui ont un suivi médical ou paramédical à s’absenter durant un jour de classe alors que ce suivi était, avant la réforme, effectué le mercredi.

Par ailleurs le retour à la semaine de 4 jours et demi, est la mise en place de la situation d’avant 2008 qui convenait au plus grand  nombre. La perte de la 9ème demi-journée était juste une décision économique. Le retour du samedi matin ne coûterait pas plus cher aux collectivités.

Ce qui coûte cher aux collectivités, c’est la mise en place de périscolaires en adéquation avec les temps de travail des parents. C’est une réalité que l’on ne peut ignorer mais qui n’a rien à voir avec la réforme du temps scolaire.

Aussi, la FCPE 67 propose de remplacer le principe de base de la réforme par la formulation suivante : « Classe le samedi matin avec possibilité de dérogation pour le mercredi matin en cas de vote du conseil d’école. »

4ème proposition : Une organisation quotidienne qui prenne en compte les rythmes chrono-biologiques et chrono-psychologiques des enfants.

L’âge de l’enfant détermine l’organisation des rythmes scolaires il y a donc lieu de différencier les rythmes des enfants de maternelle de ceux du primaire. En maternelle, allonger la matinée consacrée au temps scolaire permet au temps de la sieste de ne pas empiéter sur les temps d’apprentissages.

► la FCPE 67 est favorable à un aménagement équilibré du temps quotidien s’il s’appuie sur les rythmes chrono-biologiques et chrono-psychologiques des enfants. La réflexion sur les rythmes scolaires doit être menée en tenant compte des pics de vigilance propices aux acquisitions des savoirs.  Elle doit s’accompagner d’une refonte des programmes visant à répartir harmonieusement les apprentissages dans le temps. L’enjeu porte donc non seulement sur une répartition journalière de ces temps mais aussi et surtout sur les temps hebdomadaires et annuels. Il ne peut y voir de réforme des rythmes sans une réforme profonde des programmes, des contenus et des méthodes. L’élaboration des contenus et des programmes doit s’attacher prioritairement à l’abrogation des programmes du primaire de 2008.

5ème proposition : Faire bénéficier, en cas de besoin, toutes les communes du fond d’amorçage dans le cadre de la mise en place des activités périscolaires.

La loi du 8 juillet 2013 pour la refondation de l’école de la République a institué un fond d’amorçage en faveur des communes ou établissements publics de coopération intercommunale ayant décidé de mettre en œuvre la réforme dès la rentrée 2013.

►La FCPE 67 demande l’attribution d’un fond pérenne pour l’ensemble des communes, au fur et à mesure qu’elles mettent en œuvre la semaine de 4,5 jours y compris après 2013. L’attribution de ce fond ne peut avoir lieu qu’en cas d’activité venant compléter le dispositif de l’état durant l’heure de fin de classe antérieure.

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