Assises de la langue et de la culture régionale

L’atelier éducation

Les membres du groupe Éducation se sont réunis sous la présidence de Monsieur Joseph PHILIPPS, Inspecteur Général de l’Éducation Nationale. La première mission confiée à ce groupe était de dresser pour ce qui est du domaine éducatif un état des lieux de l’apprentissage de la langue et de la culture régionales ; dans un second temps, il lui appartiendra d’élaborer des propositions d’action.

La configuration du groupe,  qui rassemble une équipe académique du Rectorat de Strasbourg, des représentants des collectivités territoriales, un syndicat d’enseignants du premier degré, des fédérations et associations de parents d’élèves, mais aussi des instances partenaires ou associées, des associations culturelles, le conseil économique, social et environnemental régional d’Alsace, était telle que les attentes exprimées dès le début des travaux furent nombreuses et de nature diverse : certaines portaient plus sur le bilan à proprement parler (nombre d’élèves, résultats qualitatifs), d’autres anticipaient déjà sur les propositions d’action et la seconde partie des travaux. Par-delà ces divergences, une attention particulière a porté sur les résultats obtenus par les élèves ; les interrogations étaient notamment les suivantes : « Quels sont les niveaux atteints ? », « Quelle est la pédagogie qui fonctionne ? », « Quelle est l’efficacité des différents dispositifs en fonction de leur volume horaire respectif ? ». Cette dernière interrogation a amené dans un second temps à distinguer l’évaluation des niveaux de compétence des élèves de l’évaluation des dispositifs en tant qu’outils de politique linguistique.

Contribution de la fcpe au bilan du groupe éducation.

En préambule :

Quelques vérités :

  • La France est une république
  • L’une des valeurs de la république est l’égalité
  • La France a décidé de développer ses langues régionales

Les faits :

Il y a 20 ans, aucun ou quasiment aucun élève n’avait accès à la langue régionale avant le collège.

Aujourd’hui 100% des élèves font de l’allemand depuis la maternelle et ce jusqu’au collège. A partir du collège c’est, là encore, une majorité d’élèves qui poursuit l’allemand associée à une seconde langue.

Aujourd’hui les élèves qui en ont les capacités peuvent passer un bac binational.

Conclusion du préambule :

Aucune académie de France ne propose à autant d’élèves l’enseignement de la langue régionale. La progression de son apprentissage est et a été massive. L’effort consentit par les collectivités, le ministère est considérable et unique.

L’enseignement paritaire – constat :

Les évaluations pratiquées tout au long du parcours des élèves montrent une irrégularité de la progression des élèves (voir résultats évaluation CM2, DNB, ABIBAC). Elles démontrent que l’enseignement tel qu’il est pratiqué aujourd’hui est concluant au niveau CM2 et DNB mais qu’il a ses limites. Il est même contre performant par la suite, puisque ces élèves ont des résultats inférieurs aux élèves issus des classes européennes et de l’enseignement traditionnel dans la filière Abibac. Les différents indicateurs exposés au groupe 2 Education, démontrent que la méthode choisie, à savoir, un quota horaire très (trop ?) important de disciplines en allemand mais pas assez d’allemand, ne permettent pas, à ces élèves, d’acquérir un niveau de langue qu’on est en droit d’attendre. Il faut donc repenser cet enseignement.

Les attentes économiques- le lycée professionnel :

Une des raisons mise en exergue pour un apprentissage massif en allemand est de pouvoir répondre aux offres d’emploi outre-rhin. On peut constater que la majorité des offres sont de niveaux inférieurs au bac ou bac +2, bac + 3. Pourtant aucun élève issu de la filière paritaire ne fréquente la filière professionnelle. Une majorité d’élèves au sein de cette filière abandonne l’apprentissage de l’allemand. C’est donc un échec du système. S’il y a bien un endroit où l’on doit mettre l’accent sur l’enseignement de l’allemand c’est à ce niveau.

Les sections européennes :

Leurs résultats sont excellents ! Dans les travaux à venir il faudrait réfléchir à une montée en puissance de ces sections. Elles sont plus performantes que les filières bilingues.

Le coût :

L’enseignement de l’allemand en Alsace représente un coût important pour les collectivités nationale et territoriales. Les budgets des uns et des autres n’étant pas extensibles, on ignore au détriment de qui les efforts consentis se sont faits. Dans le cadre d’une école républicaine, ou l’une des valeurs est l’égalité, la FCPE souhaite que soit pris en compte ce facteur.

Et après le bilan… :

  • Nous souhaitons que le système d’enseignement paritaire soit repensé. Il a montré ses limites dans sa forme actuelle.
  • Nous souhaitons un développement de l’allemand dans la voie professionnelle.
  • Nous souhaitons une plus grande offre de sections européennes.
  • Nous souhaitons que l’enseignement extensif soit priorisé.
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