Reforme des rythmes scolaires: communiqué de la FCPE Bas-Rhin

La FCPE 67 s’inquiète des conditions de mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires pour la rentrée prochaine. Aux nombreuses interrogations émanant du décret PEILLON s’ajoutent à présent celles provoquées par les propositions désastreuses de Benoît HAMON, nouveau ministre de l’Education nationale.
En effet, le décret du 7 mai 2014 permet, par exemple, des expérimentations telles que déroger aux 24 heures hebdomadaires, au temps de classe quotidien et au calendrier des vacances scolaires. Cette nouvelle organisation permet d’imaginer autant de situations différentes que de communes et d’écoles présentes sur notre territoire.
Le nouveau décret permet de balayer d’un seul revers tout le travail qui a déjà pu être effectué par la communauté éducative : parents et enseignants et par les communes.
À quelques semaines de la fin de l’année scolaire, les parents, tout comme les enseignants, sont dans le plus grand flou. Pourtant les familles ont besoin de temps pour mettre en place une nouvelle organisation pour la prochaine rentrée scolaire qui induira des conséquences importantes pour les familles et les enfants mais aussi pour les équipes pédagogiques.

1) Problèmes d’organisation : les horaires de classe seront le plus souvent connus à la rentrée alors que les parents n’auront pas encore pu adapter les leurs (s’ils peuvent le faire) ; une garderie sera-t-elle assurée le matin quand cela sera nécessaire ? un accueil périscolaire sera-t-il prévu le soir après les activités mises en place par les communes, sous réserve de leurs mises en œuvre ? Un grand nombre de communes ont choisi le mercredi matin : y aura-t-il un service de cantine proposé aux familles ? Le transport scolaire sera-t-il maintenu et adapter aux nouvelles organisations ?

2) Problème du budget des familles : quel sera le coût supplémentaire pour les familles ? le temps de garderie péri-scolaire (ou chez une assistante maternelle) payant s’allongera pour nombre de nos enfants !

3) Problème d’équité : on va assister à un accroissement des inégalités entre les élèves et des familles ; certaines communes proposeront des activités, d’autres pas ; quelquefois gratuites, parfois payantes ; parfois encadrées par des professionnels, parfois encadrées par des bénévoles…

M. Hamon nouveau ministre de l’Education nationale ayant ouvert la porte à presque toutes les organisations possibles et inimaginables, il ne reste malheureusement plus que quatre jours et demis de classe, c’est bien peu au vu d’une réforme qui devait apporter du bien-être aux enfants.

Rappelons que le dernier conseil départemental de l’Education nationale a rejeté la proposition de mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires à la rentrée prochaine présentée par Mme la directrice par le résultat suivant : 7 abstentions, quatre voix contre et une voix pour. Ce vote consultatif est le reflet de la position des communes, des syndicats enseignants et des parents d’élèves. Il est regrettable que l’on n’en tienne pas compte.

Sur Strasbourg, la concertation organisée a été une vaste manipulation afin d’écarter du débat les parents d’élèves élus démocratiquement dans les différents conseils d’école, ainsi que les enseignants membres d’organisations syndicales paritaires. La municipalité s’est assise sur le résultat d’une concertation de qualité (d’après elle) pour changer complètement la proposition qui avait été faite avant les élections municipales. Quel beau respect des administrés ! Au-delà, dans bon nombre de communes, il n’y eu aucune concertation. La commune a souvent décidé seule de l’organisation qu’elle proposerait. Et il est arrivé que des maires jouent réellement le jeu, installant une commission d’aménagement des rythmes scolaires, et que les PEDT (projet éducatif de territoire) adoptés soient rejetés par la Direction académique des services de l’Education nationale.

L’intérêt de l’enfant, qui était l’essence même de cette réforme, a très vite été abandonné par les auteurs de ces décrets au profit d’aménagements qui ne satisfont personne.
La FCPE du Bas-Rhin, réaffirme son attachement à une école publique, laïque et gratuite pour tous les enfants. Elle refuse le chaos et une école qui n’offre pas les mêmes chances de réussite et d’éducation à tous sur le territoire national.

Share

Leave a Reply