le date 7 janvier 2009
Pour que la maternelle fasse école
L’école maternelle est ce lieu très spécifique où dédute pour chaque enfant une nouvelle aventure humaine. Il va quitter ses repères familiers pour être confronté à l’altérité, dans des rencontres avec des personnes, des objets du monde, des savoirs nouveaux. Et pour oser se risquer sur le des chemins encore inconnus, il doit être suffisamment en confiance, se sentir accompagné. Il lui faut aussi en comprendre le bien fondé, l’intérêt, en pressentir le plaisir. C’est la mission de l’école maternelle que de lui permettre d’apprendre pour grandir car pour grandir il faut apprendre.
Or cette école, essentielle au développement de tous les enfants, est gravement remise en cause sur des critères économiques et éducatifs qui bafouent des décennies de recherche et d’expérience.
Il s’agit donc de la défendre, c’est-à-dire de réaffirmer l’exigence démocratique d’une école pour tous, d’une école qui permet d’accéder à un univers nouveau en même temps qu’elle fonde les apprentissages scolaires ultérieurs.
Mais la défendre c’est, loin de vouloir la sacraliser, poser une interrogation critique sur ce qu’elle produit afin de mieux contribuer à sa nécessaire évolution. En effet, si l’école maternelle a des incidences positives repérées sur la scolarité des élèves, elle peut aussi produire des inégalités entre élèves, en n’identifiants pas suffisamment les raisons pour lesquelles, ceux qui, issus des classes populaires, ne sont pas toujours en connivence culturelle avec ses codes, ses modes de faire et de dire. Or ce sont bien ces élèves, pour lesquels l’entrée dans la scolarité est loin d’être une évidence qui nous invitent à inventer.
Il faut de l’ambition pour scolarier les jeunes enfants : promouvoir la pensée plutôt que la soumission et l’exécution, la solidarité plutôt que la compétition et la sélection, l’ouverture plutôt que la peur de l’autre.... Et c’est possible !